Sur la feuille de soins, une case cochée peut tout changer : trente maladies, pas une de plus, voient leurs coûts de traitement effacés par la Sécurité sociale. Ce chiffre n’est pas là par hasard. Derrière ces pathologies, il y a des parcours de vie marqués par les rendez-vous médicaux, les examens répétés, les traitements lourds. Ce filet de protection évite à des milliers de patients de devoir choisir entre leur santé et leurs finances.
Ce système s’adresse à des maladies chroniques ou sévères, sélectionnées selon des critères médicaux précis. Inscription, droits ouverts, nature des soins concernés : tout est cadré par une réglementation stricte, pensée pour garantir un accès équitable et une prise en charge continue à ceux qui en ont besoin.
Comprendre la prise en charge à 100 % des affections de longue durée : fonctionnement et enjeux pour les patients
La prise en charge à 100 % des affections de longue durée (ALD) s’ancre dans le principe de solidarité nationale. Elle protège ceux qui vivent avec des maladies longues ou très handicapantes, dont le traitement s’étire sur des mois, parfois des années, et qui entraîne des frais conséquents. Dans ces cas-là, la Sécurité sociale couvre la totalité des soins inclus dans le protocole de soins : un document élaboré main dans la main par le médecin traitant et le médecin conseil de l’assurance maladie.
Tout commence au cabinet médical. Le médecin traitant rédige une demande, où il détaille la maladie et les soins à prévoir, à l’aide d’un formulaire spécifique. Si le médecin conseil donne son feu vert, le patient accède à une exonération du ticket modérateur pour tous les actes, consultations et traitements liés à son ALD, à condition de présenter une ordonnance bizone. Mais soyons clairs : certains frais restent à régler, comme la participation forfaitaire, la franchise médicale, les dépassements d’honoraires éventuels ou encore le forfait hospitalier.
Cette prise en charge totale n’est pas acquise une fois pour toutes. Le protocole de soins délimite la période d’exonération, avec une possibilité de renouvellement si besoin, selon l’évolution de la maladie. En dehors de l’ALD, le remboursement redevient classique. La coordination entre assurance maladie, médecin traitant et mutuelle permet aux patients d’y voir clair sur leurs droits et de maintenir un suivi adapté.
Les 30 maladies reconnues en ALD : liste complète et conditions d’accès à l’exonération
Le dispositif ALD 30 cible les maladies graves, chroniques ou évolutives, que la Sécurité sociale considère comme exigeant un traitement long et coûteux. Cette liste, régulièrement réévaluée, fixe le cadre de la prise en charge à 100 % pour les soins directement liés à ces affections. Pour en bénéficier, il faut répondre à des critères médicaux précis, analysés par le médecin traitant puis validés par le médecin conseil de l’Assurance maladie.
Voici les principales maladies concernées par l’ALD 30 :
- Accident vasculaire cérébral invalidant (AVC)
- Diabète de type 1 et 2
- Insuffisance cardiaque grave
- Infarctus du myocarde
- Insuffisance respiratoire chronique
- Parkinson
- Polyarthrite rhumatoïde évolutive
- Maladie coronaire
- Maladie d’Alzheimer
- Sclérose en plaques
- Polypathologies (ALD 32)
La prise en charge à 100 % concerne uniquement les actes et traitements qui figurent dans le protocole de soins établi pour la pathologie reconnue. L’utilisation de l’ordonnance bizone et la mention claire de l’ALD sur les prescriptions sont indispensables pour que l’exonération s’applique. Les polypathologies (ALD 32) couvrent les cas où plusieurs maladies graves nécessitent une gestion particulière.
En parallèle, la France propose aussi le statut d’ALD hors liste (ALD 31) pour certaines maladies sévères qui n’apparaissent pas dans la liste, sous réserve d’un dossier médical argumenté. Cette ouverture permet de ne laisser personne de côté, en tenant compte des réalités individuelles et en maintenant une égalité d’accès à l’exonération.
Reste cette réalité : derrière chaque numéro de dossier, il y a des vies qui avancent, des traitements qui se poursuivent et, parfois, l’espoir d’un virage inattendu. Le système avance, lui aussi, porté par la nécessité d’accompagner tous ceux qui, chaque jour, luttent contre la maladie.


